Essenine, le dernier poète qui comprit l'âme slave
Roberto Serrano, Juan Ramon Makuso

Sergueï Alexandrovitch Essénine, poète russe (1895-1925), a chanté les louanges du petit peuple russe, de ses paysages, de sa langue particulière, de son âme populaire.

Né à Konstantinovo, au sein d'une famille paysanne, il développa très jeune un don pour la poésie. Étudiant à Moscou, il participa activement à l'atmosphère révolutionnaire de son époque et accueillit avec enthousiasme le triomphe de la révolution soviétique. Dès la première édition de ses poésies, il rencontra un très vif succès auprès de ses contemporains, et noua des liens avec l'élite de la poésie contemporaine russe en devenant membre du groupe des "imaginistes".

Il épousa l'artiste et danseuse américaine Isadora Duncan avec lequel il entretint, dès le départ, une relation tourmentée, quelque peu compliquée par le fait qu'elle ne parlait pas le russe, et que lui ne connaissait pas l'anglais. La barrière des langues ne les empêcha pas pourtant de vivre ensemble durant une longue période et de voyager à travers toute l'Europe, où leurs scandales eurent des échos retentissants.

Dans ses derniers poèmes, Essénine ne cache pas son désenchantement quant aux résultats de la révolution. Il mourut tragiquement à Léningrad (aujourd'hui rebaptisée Saint-Pétersbourg). Certaines sources affirment qu'il se serait suicidé, tandis que d'autres prétendent qu'il aurait été assassiné.