Senez 19 (1997)

  • Date de publication: 1997
  • ISSN: 84-7086-287-1
  • D.L.: SS 1.289
  • 140 pp.

Tous les articles de ce numéro ont été publiés en Basque et espagnole.


Présentation

Koldo Biguri

Traduction: Nahia Zubeldia

Les quinze dernières années ont représenté une réelle révolution pour la langue basque dans tous les domaines, même si ce qui, pour beaucoup, est un rêve réalisé, n'est pas encore suffisant pour beaucoup d'autres. L'enseignement, les médias, la littérature et l'administration sont les quatre piliers de l'épanouissement de la langue basque, dans la Communauté Autonome Basque, mais aussi en Navarre -bien qu'à un niveau moindre-. C'est la quatrième colonne que nous étudions particulièrement dans ce numéro de SENEZ ; ou, plus précisément, l'Administration et la Justice. Nous nous fonderons pour cela sur les sessions organisées par EIZIE dans le cadre des stages d'été de l'Université du Pays Basque en 1996. Ce numéro recueille les présentations de ces sessions, dans la langue originale de chacun des orateurs, comme dans les numéros précédents.

C'est donc à la traduction administrative et judiciaire du Pays Basque que nous nous attachons dans ce numéro, car nous considérons que le travail important qui a été mené lors des quinze dernières années et la situation actuelle et ses nombreux problèmes méritent une analyse posée. Les sessions organisées par EIZIE, le grand nombre de personnes y ayant assisté et la participation et l'écho importants au sein des traducteurs témoignent clairement de la préoccupation des traducteurs basques du domaine de l'administration et de la justice sur leur profession. Ainsi ressentent-ils le besoin d'approfondir le sujet en dehors de leur activité quotidienne. Ce phénomène est certainement dû au fait que les traducteurs ont été, jusqu'à présent, les oubliés des efforts des institutions pour la normalisation et la socialisation de la langue basque. Pire encore, ces derniers temps, la traduction devient un sujet de discorde, notamment dans le domaine de la Justice, dont les différents rangs sont souvent en désaccord, et c'est le traducteur, comme de coutume, qui subit les conséquences néfastes des incompréhensions des uns et des autres ; et ce, sans aucun soutien corporatif.

Par ailleurs, rappelons que, dans notre pays, aucun traducteur n'est diplômé d'université, et que de nombreux professionnels de ce métier n'ont suivi aucune formation dans le domaine de la traduction. Les résultats d'une enquête que nous publions dans ce numéro nous semblent illustrateurs à ce sujet, puisqu'ils révèlent très clairement la situation, les conditions de travail, le niveau de formation et les doutes professionnels des traducteurs de ces domaines. Parmi les articles en langue basque, notons également le texte rédigé pas un juge basque sur ce sujet, qui expose les problèmes de la justice dans la zone bascophone. Les autres articles évoquent tour à tour des problèmes plus pratiques que les traducteurs doivent affronter dans leur travail quotidien, la profession de correcteur, et, enfin, la valeur officielle des traductions en langue basque.

En plus de ces articles en langue basque, et donc, en dehors des problèmes qui nous sont propres, d'autres articles, rédigés en espagnol, nous aident eux aussi à comprendre nos propres problèmes, puisqu'ils touchent différents aspects de la traduction, mais au niveau de l'Espagne, de la Catalogne ou de l'Union Européenne. Ces articles sont un contrepoint intéressant ; ils éclairent notre situation depuis un autre point de vue, et nous permettent de tirer des enseignements de ceux qui nous entourent. En effet, comme nous l'avons exprimé, un travail colossal a été mené durant les quinze dernières années. Nous avons parcouru un long chemin, mais nous ressentons le besoin d'une remise en question permanente, parce que nous avons encore beaucoup à faire et à mettre en place. Les traducteurs sont prêts à aller de l'avant, mais il appartient aux différents acteurs et responsables de l'Administration et de la Justice de mettre en place des initiatives qui permettront de normaliser la traduction basque et d'améliorer sa qualité. Ce numéro leur est donc aussi tout naturellement adressé.

Enfin, nous tenons à remercier l'Université du Pays Basque pour l'aide qu'elle nous a apporté pour l'organisation du stage et la publication de ce numéro.