Senez 21 (1999)

Date de publication: 1999
ISSN: 84-7086-287-1
D.L.: SS 761/99
132 pp.


Tous les articles de ce numéro ont été publiés en Basque.


Traduction: Edurne Alegria

Présentation

Pour ce vingt-et-unième numéro de Senez, la revue change de main. Nous, nouveaux responsables, nous efforcerons de maintenir le souffle de vie et la teneur élevée donnée à la revue par notre collaborateur Koldo Biguri durant les neuf dernières années. En effet, Mr Biguri et ses collègues ont transformé un périodique de traduction amateur (très joli mot, au sens le plus strict : qu'étaient donc nos prédécesseurs de l'Association, sinon des amoureux de la traduction ?) en une revue professionnelle solide enracinée dans la profession des traducteurs basques. Espérons donc que nous n'offenserons ni nos prédécesseurs ni nos successeurs...

Une revue de traduction doit contenir des traductions : voilà l'ingrédient que nous voudrions apporter en permanence à ces quelques pages ; ingrédient suggéré par un traducteur parmi d'autres, jamais publié auparavant. Ces derniers temps, nous avons compté très peu de poésie ; nombreux sont ceux qui pensent que la versification est désuète ; certains disent aussi qu'il n'y a pas de place pour la poésie, nous précisons qu'il n'y a pas de temps pour la poésie. La traduction des poèmes de Bob Dylan par Juan Garzia nous amène à regarder vers le passé, c'est-à-dire, à regarder l'avenir d'une manière particulière. Ce sont des mots organisés en vers, et même, bien souvent, strictement mesurés, que ce soit en syllabes, en rimes, ou en battements de coeur. Ce sont des poèmes à chanter, et donc, des poèmes chantés traduits.

Puis viennent deux analyses très pertinentes sur l'utilisation correcte de la langue, ou, comme diraient les adeptes du néo-basque puriste, sur la « qualité de la langue », même si ces deux études ne sont pas fondées sur le même mode d'analyse ni sur le même point de vue. D'une part, l'article de Karlos del Olmo se veut être une tentative d'explication des origines, des natures et des raisons des utilisations erronées actuelles, et une proposition de solutions précises pour faire face à la vague immense et envahissante de l'espagnol. D'autre part, les jeunes traductrices Idoia Ormaetxea et Maider Ziaurriz révèlent avec intelligence le langage peu soigné de nombreux manuels que subissent les élèves dont la totalité de la scolarité se fait en langue basque. Nous ajoutons avec une pointe de fierté de ces deux traductrices viennent d'obtenir leur Master de Traduction de EHU. Elles montrent dans ce travail qu'une fois les études théoriques terminées, elles ont joliment acquis le talent pragmatique du traducteur.

Toujours dans le domaine de la pragmatique de la traduction, Juan Garzia nous apporte une explication du système délicat, incertain et non réglementé de l'annotation, proposant, à défaut de solutions définitives, des pistes et des débuts de réponses.

Juan Mari Arzallus et Antton Olano ne se doutaient pas, alors qu'ils commençaient la traduction basque du dossier H., de Ismail Kadare, que le Kosovo se trouverait si souvent à la une de tous les journaux, et malheureusement pas pour des raisons concernant la littérature ou la traduction. C'est en conséquence une lecture teintée d'actualité qui nous est offerte ici.

Quant au travail de Gotzon Egia, il se penche sur des aspects plus théoriques de la traduction, notamment sur le concept de fidélité/trahison qui a toujours existé dans la traduction, depuis la chute de la tour de Babel.

Enfin, nous publions ici l'un des beaux entretiens que nous avons l'occasion de mener de temps à autre, avec, d'une part, Anjel Lertxundi, écrivain basque contemporain parmi les plus importants, et, d'autre part, Jorge Gimenez Bech, traducteur et éditeur qui a traduit ses romans à l'espagnol. Il raconte des anecdotes remarquables pour mieux comprendre le processus de traduction ; une lecture plus bénéfique pour le traducteur que cinq grammaires et dix dictionnaires réunis !

Enfin, ce 21ième numéro de Senez apporte une innovation : avant la publication de la revue sur papier, l'édition électronique sera disponible sur Internet, sur le site de EIZIE. Nous espérons qu'il en sera désormais toujours ainsi.